Jules Simon & le collège de Vannes

Jules Simon & le collège de Vannes

Jules_Simon.jpg

Si Jules SIMON a donné son nom à une rue de Rennes (derrière le Palais du Commerce que l’on appelle plus communément la « grande poste »), peu de Bretons sont capables de vous dire que cet homme politique est un des leurs. Il faut dire à leur décharge que la plus grande partie de sa carrière politique et intellectuelle s’est déroulé dans les hautes sphères parisiennes.

Il est pourtant né à Lorient le 31 décembre 1814. Son père était drapier et il passa son enfance en Bretagne. Il « monte » à Paris pour entrer à l’Ecole Normale Supérieure d’où il ressort agrégé de philosophie. Il est ensuite nommé à la Sorbonne comme suppléant de Victor Cousin (1792 – 1867, un des chefs de file de l’école éclectique).

Jules Simon publie divers ouvrages philosophiques dont le plus célèbre (à l’époque, c’est à dire en 1844)) est sans doute l‘Histoire de l’Ecole d’Alexandrie (courant de pensée, du IIIème au Vième siècle, qui opposait à la théologie chrétienne un néoplatonisme mystique. Cette école fut fondée par Amonios Saccas).

Il est malgré tout plus connu par son action politique. Républicain convaincu, il est élu député des Côtes du Nord en 1848 et siège parmi la gauche modérée. Hostile à l’Empire, il refuse de prêter serment à Napoléon III et est élu au Corps Législatif en 1863. A la chute du Second Empire, dans le gouvernement de défense nationale, il devient ministre de l’Instruction Publique. Il occupe ce même fauteuil de septembre 1870 à mai 1871 dans le gouvernement Thiers. En butte aux attaques des cléricaux, il est contraint de démissionner.

Au moment de la Commune de Paris, Jules Simon tente vainement de fléchir la position de Thiers pour l’amener à une attitude moins intransigeante envers les insurgés. Il se refusera ensuite à justifier la férocité de la répression versaillaise.

En 1874, il dirige le journal le Siècle et un an plus tard, il devient sénateur inamovible. Au parti républicain, face à Gambetta, il fait plutôt figure de modéré. Il devient président du Conseil en 1876 et s’attire les foudres de Mac Mahon au moment d’une grande opération « mains propres » parmi les préfets et les magistrats. Cette opposition, violente, de Mac Mahon entraînera la chute de son ministère en 1877, lors de ce qu’on a appelé le « coup d’état du 16 mai ».

Cet épisode marque la fin de la carrière de Jules Simon au plus haut niveau de l’Etat. Resté sénateur, il s’opposera à Jules Ferry en 1880, lors du vote de l’article 7 de la loi sur l’enseignement qui voulait réserver le droit d’enseigner aux seules congrégations religieuses autorisées. Même s’il restait un républicain convaincu, il tenait avant tout à défendre la liberté, même celle de ses adversaires.

Membre de l’Académie Française, il nous a laissés, outre ses écrits philosophiques, quelques volumes de souvenirs : Souvenirs du 4 septembre (1874), le Gouvernement de M. Thiers (1878), Mémoires des Autres (1889) et Nouveaux Mémoires des Autres.

J’ai retrouvé par hasard, au fond d’une benne à papier destinée au pilon, un volume en piteux état de ces Nouveaux Mémoires des Autres daté de 1891 et publié chez E. Testard et E. Flammarion à Paris. Le deuxième chapitre de ce livre intitulé le Collège de Vannes a attiré mon attention de Morbihannais exilé ce jour-là en Haute Saône (à Vesoul, plus exactement).

jules-simon2.gif

Je vous le livre ici sans autre commentaire (en ajoutant cependant que le premier mémoire, la Bûche de Noël, une histoire bretonne, vaut aussi son pesant d’or).

CC BY-NC-ND 4.0 Cette œuvre est sous Licence Creative Commons Internationale Attribution-Pas d'utilisation Commerciale-Pas de Modification 4.0 .

Les commentaires sont clos.