LA TOUR D’ANJOU

LA TOUR D’ANJOU

Après le château de Roussillon, petite présentation d’un autre édifice dauphinois : le château d’Anjou …

Photos d’Uriell Boulé (mai 2008).


A quelques kilomètres du Rhône, la Tour d’Anjou (que côtoie, malheureusement, un château … d’eau) domine les vergers qui s’étendent dans la vallée du Dolon le long de la route de Grenoble.

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La vallée du Dolon

Vendu peu après la Révolution, le château d’Anjou fut en grande partie détruit entre 1806 et 1813. Ce qu’il en reste, la Tour, fut transformé en grange puis en séchoir à tabac. Sa consolidation a débuté en 1997.

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A ce château est associé le souvenir de l’Edit de Roussillon (8 août 1564) par lequel Charles IX et Catherine de Médicis imposaient la date du 1er janvier comme premier jour de l’année pour tout le royaume de France. Le roi et sa mère qui logeaient depuis quelque temps à Roussillon auraient en effet passé la soirée à Anjou.

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Les rares textes concernant ce château sont les suivants :

1650 : « la fabrique est ancienne et irrégulière mais commode et logeable en un point que le feu roy y logea aisément avec toute sa cour ».
Allusion au roi Louis XIII qui y passa une nuit en juillet 1629.

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Vers 1805 : « un château vaste qui ne pouvait convenir qu’à un propriétaire très riche … »

A la même époque : « ce superbe château qui attire le regard du voyageur et la curiosité d’un philosophe … Sa façade est imposante et majestueuse. C’est le plus beau site de l’univers …
S’il était achevé et s’il était construit avec solidité, on y trouverait l’agréable et l’utile, il serait digne de recevoir notre nouvel empereur, Napoléon Bonaparte. »

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Facade Nord

Début XIXème, aussi pour expliquer sans doute sa destruction : « ce château menaçait ruine car il avait été construit contre les règles de l’art … Il serait même dangereux d’y habiter, plusieurs planchers sont tombés. »

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Facade Est


La légende de Marguerite de Bressieux


D’après H. de Terrebasse

Pendant le guerre de Cent Ans, en 1426, le château d’Anjou fût assiégé et pillé par Louis de Chalon, prince d’Orange. Les femmes présentes, dont Marguerite de Bressieux, parente du seigneur, subirent les pires outrages …

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Voici ce que rapporte la légende :

Après le pillage du château d’Anjou, Marguerite de Bressieux appela auprès d’elle ses compagnes d’infortune et se mit à leur tête. Voyez-les : elles ont quitté leur costume féminin et revêtu le costume guerrier. Elles sont montées sur des palefrois dont les rênes sont tenues ferme de leur main gauche tandis que de la droite elles s’exercent à manier la pique et la lance.
Que maintenant vienne l’occasion qu’elles attendent !

La vaillante petite armée se joignit aux troupes du roi Charles VII qui étaient sous les ordres de Raoul de Gaucourt, gouverneur du Dauphiné et qui marchaient sur les Orangistes, menés par Louis de Chalon.

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Ceux-ci virent s’avancer douze cavaliers inconnus : leurs montures étaient entièrement noires ainsi que leurs armes. Seules, des écharpes de crêpe blanc tranchaient sur cette couleur de mort. L’un deux tenait à la main la hampe d’un fanion d’étoffe noire semé de larmes d’argent et de têtes de mort sur des os en sautoir. Au milieu de ces tristes emblèmes, se détachait une orange percée d’une lance avec cette inscription : « ainsi tu seras ».

Les deux troupes s’affrontèrent et au milieu du carnage, les cavaliers noirs levèrent la visière de leur casque. Les soudards de Louis de Chalon découvrent alors les visages pâles et effrayants de celles qu’ils avaient tourmentées. Ils prirent la fuite, épouvantés à l’idée de combattre des fantômes. Ils furent poursuivis par les troupes royales qui les massacrèrent sans merci, précipitant dans le Rhône les derniers d’entre eux.

On dit que Marguerite fut blessée au cours du combat et qu’elle expira peu après dans un monastère où elle s’était réfugiée avec ses compagnes.

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