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Mois : octobre 2016

Le temps

Le temps

horlogequel est le sujet dont tous le monde parle avec deux sens différents au mot utilisé et sur lequel personne n’a de prise ?

Le temps.

Que ce soit le temps qu’il fait ou le temps qui passe c’est le sujet récurrent au quotidien pour meubler une conversation ou pour se préoccuper du présent, du passé ou de l’avenir.

C’est de ce dernier que j’aimerai philosopher. Le temps est-il la seule mesure rationnelle pour l’Homme ?

https://fr.wikipedia.org/wiki/Temps_(philosophie)

Le Temps en philosophie

On le voit bien notre société court après ce Temps, nous sommes dans l’ère du toujours plus vite. Nous mesurons ce temps par la durée notamment, et par d’autres biais, mais outre le débat sur ce qu’est le temps car il ne peut se résumer à sa mesure, les philosophes, la métaphysique et la physique des physiciens ont depuis bien longtemps (encore le temps) posé cette question du temps comme l’un des éléments « primitifs » fondateur de nos réflexions.

Je n’ai pas l’intention de refaire ce trajet, cet article se résumerait à dresser la bibliographie des grands penseurs du sujet temps.

lucyCe qui m’intéresse aujourd’hui, c’est cette question brièvement (trop) évoquée par Luc Besson dans le film « Lucy » : « Le temps est la seule unité de mesure. »

je vous invite d’ailleurs à découvrir cet article : http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1231615-lucy-est-metaphysique-les-seins-de-scarlett-johansson-au-crible-de-la-philosophie.html

Je ne vais pas m’embarquer aussi loin car les physiciens et leurs certitudes me tomberaient dessus pour réduire à néant toute tentative d’imposer le temps comme « Seule » unité de mesure.

Cependant, un point m’interroge, la mesure de nos existences en particulier. Il est important pour chacun quand il a conscience qu’il y a forcément une fin à son existence, à un moment donné de se demander ce qu’il fait de cette existence.

Et pour jauger ou juger, il faut définir une mesure. Or depuis longtemps la valeur de nos existences n’est pas souvent mesurée de façon très juste.

Le temps caractérise essentiellement l’existence humaine, c’est-à-dire que l’existence humaine ne serait pas ce qu’elle est sans le temps. Or c’est par son caractère temporel, que notre existence est limitée dans le temps au lieu d‘’être éternelle selon notre désir. En effet il n’y a pas d’existence temporelle qui n’ait  un commencement et une fin. La brièveté de l’interstice entre notre naissance et notre mort semble alors coïncider avec sa vanité, c’est-à-dire son absence de valeur. Quelle valeur pourrait en effet avoir une existence qui surgie du néant est appelée à retourner au néant au bout d’un certain laps de temps ? Par conséquent nous pourrions affirmer que le caractère temporel de l’existence humaine réduit toute sa valeur à une illusion. Cependant on ne voit pas pourquoi la valeur serait conditionnée par la possibilité de durer éternellement. La valeur de la vie ne dépend pas en effet du temps de la vie, mais de ce que l’on en fait, de son usage;. C’est la raison pour laquelle la courte existence du héros Achille dans l’Iliade semble avoir plus de valeur par ses hauts faits que bien d’autres , beaucoup plus longues, mais ennuyeuses et dénuées de gloire. Il faudrait donc, loin de réduire son caractère temporel à une dévaluation, penser le temps comme une positivité. Le temps n’est-il pas en effet  la patrie originaire de l’homme ? Nous sommes alors confrontés à ce problème : le temps est-il ce qui enlève sa valeur à l’existence ou bien au contraire ce par quoi la valeur advient dans l’existence humaine ?
http://www.aide-en-philo.com/dissertations/caractere-temporel-existence-humaine-lui-ote-valeur-1935.html

http://valeurs.universelles.free.fr/valeurs.html

Bien souvent aujourd’hui, la valeur de nos existences est centrée sur la réussite économique, et la mesure de cette valeur devient donc la possession matérielle, cela conduit a bien des travers de notre société, une société où on va glorifier plus fréquemment le possesseur d’un capital que l’altruiste qui va donner de son temps pour le mieux vivre des autres.

On en revient donc bien au Temps, ne dit-on pas qu’il est plus important de jauger ce qu’on fait du temps imparti, donc de notre existence que le temps lui-même que nous avons. Le temps serait donc bien une façon de mesurer nos existences, du moins pas le temps lui-même, mais ce qu’on fait de ce temps.

Un autre film est intéressant dans cette réflexion, le film « Timeless » dans lequel chaque individu connaît son temps de vie restant par une horloge sur son bras. Le réalisateur a justement basé son film sur le fait de ramener la dimension économique au temps de vie, le salaire devient du temps de vie en plus et la moindre dépense du temps de vie en moins. Je vous laisse voir le film pour découvrir la conclusion du réalisateur…

timeismoneyOn revient donc sur la valeur « économique » de nos existences, confronté à la valeur « temporelle » de nos existences.

Et c’est bien là que je voulais en venir, je me demande s’il ne serait pas mieux à l’avenir de jauger nos réussites en fonction de ce qu’on fait de notre temps, plutôt qu’en fonction de ce que l’on a accumulé comme biens matériels durant ce temps.

Que vaut 1 heure de travail d’un ouvrier à l’usine par rapport à 1 heure de consultation par un médecin ?

du point de vue économique pour tout un tas de raisons qui sont un autre débat, l’heure du médecin vaut plus économiquement que celle de l’ouvrier d’usine. Pourtant pour les deux êtres humains c’est 1 heure de de leur existence.

si on reste sur la mesure mathématique mais en sortant de l’économie, l’heure de l’ouvrier qui fabrique des outils médicaux par exemple, par rapport à celle du médecin (qui a besoin de ces outils justement), cette heure vaut sans doute plus puisque un ouvrier pourra sans doute fabriquer en une heure plus d’outils médicaux donc pour plus de médecins qu’un seul médecin ne pourra utiliser ces mêmes outils dans la même heure.

professor-x-vs-doctor-strangeOn peut aussi comparer deux métiers de service, le médecin et le professeur, en 1 heure le premier va faire disons 3 consultations de base, le second va enseigner à 30 ou 40 élèves (autre problème et débat d’ailleurs) pourtant économiquement le revenu mensuel de l’un n’a rien à voir avec celui de l’autre…

la valeur varie donc selon la façon dont on jauge la même heure d’existence humaine, la seule constante dans les deux cas c’est que ça reste 1 heure.

Je ferai sans doute prochainement un autre article sur le revenu de base car ce début de réflexion sur la « valeur » temporelle de nos existences, m’est venu après la découverte de cette idée. Et donc la question de fin  d’article (car philosopher c’est réfléchir pas forcément trouver l’ultime réponse) :

Pourrais-t’on imaginer un revenu « temporel » égal ou équitable pour tous les humains ?