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Auteur : Gérard Boulé

aujourd'hui disparu, ce site a été mon espace de publication pour mes différentes passions autour de l'histoire et de la bretagne
De rêves et d’étoiles

De rêves et d’étoiles

Cette bande dessinée, signée Jean Claude, a été publiée début 1977 dans un petit journal du Pays de Ploërmel qui s’intitulait « le Chardon ». Cette publication correspondait alors à un besoin d’expression d’une partie de la population qui ne se retrouvait pas vraiment dans les organes de presse officiels ou moins officiels sévèrement encadrés et donc condamnés au « politiquement correct ». Le Chardon cessa de paraître en décembre 1979. Il était apparu à l’époque qu’une durée de vie de deux ans pour un tel journal était assez remarquable …

Quant à Jean Claude qui avait collaboré à des journaux nationaux de bande dessinée, il nous offrait de temps en temps un de ses dessins. La bande dessinée que je vous propose aujourd’hui n’avait pas de titre au moment de sa publication dans le Chardon. J’ai repris le titre d’une chanson de Glenmor pour l’introduire ici …

La présente B.D. est, bien sûr, protégée par les lois du copyright (merci de ne pas l’utiliser sans mon autorisation).

PONTCALLEC

PONTCALLEC

Joël CORNETTE, dont nous citions le nom à propos de son excellente « Histoire de la Bretagne et des Bretons » (Seuil. 2005), vient de publier un ouvrage intitulé : « Le Marquis et le Régent. Une conspiration bretonne à l’aube des Lumières ».
Outre l’histoire de la conspiration de Pontcallec, l’auteur s’attache à étudier la naissance et l’utilisation du mythe « Pontcallec » dans l’imaginaire breton. Précisons que le livre est accompagné d’un CD qui reprend l’enregistrement d’une douzaine de chansons consacrées au personnage.

(Editions Taillander. 2008. 478 pages et 1 CD)

Guérande, la MEDIEVALE …

Guérande, la MEDIEVALE …

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Si l’on en croit Honoré de Balzac, « Guérande, magnifique joyau de féodalité, n’a d’autre raison d’exister que de ne pas avoir été démolie ». Mais l’auteur des Chouans écrit cela en 1834 et il est vrai qu’à cette période, Guérande vit repliée sur elle-même, touchée par le déclin de la production de sel et n’ayant pas su se plier aux grandes mutations industrielles. Il faudra attendre la fin de la Seconde Guerre Mondiale pour que la « Carcassonne Bretonne » se souvienne qu’elle a encore quelques atouts en main.

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CHATEAUX EN COGLES

CHATEAUX EN COGLES

Il en est des monuments comme des humains : certains, modestes, ont du mal à s’épanouir à l’ombre des plus grands. C’est le cas pour un certains nombre de châteaux du Coglès qui souffrent de la présence de deux encombrants voisins : le château de Fougères, impressionnante forteresse médiévale avec ses 13 tours et ses 3 enceintes et plus au Nord, le Mont Saint Michel qu’il est inutile de présenter.

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Le Coglès, cette marche entre Bretagne et Normandie, est un pays de granit qui peut paraître monotone à moins de se plonger dans ses chemins de bocage (même si le remembrement y a fait, là aussi, ses dégâts …) à la recherche d’un habitat traditionnel des mieux conservé.

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Nous aborderons ce pays par la commune de Saint Brice en Cogles qui abritent deux joyaux de l’architecture nobiliaire du XVIIème siècle : le Rocher Portail et le château de Saint Brice (dit aussi château de la Motte).


LE ROCHER PORTAIL.

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Cette demeure splendide, une des plus grandes d’Ille et Vilaine, a été construite à l’emplacement d’un ancien château dit Rocher Sénéchal.
Il fût construit à la demande de Gilles Ruellan, un obscur voiturier né à Antrain : il ne possédait au départ que deux chevaux et se livrait au transport des toiles à voile vers Saint Malo. Ruellan, qui ne sait ni lire ni écrire, est un homme avisé et il réussit à acheter une sous-ferme des impôts et billots (taxe sur l’alcool). Au moment des guerres de religion, il se fait trafiquant d’armes pour le compte du Duc de Mercoeur mais se rapproche d’Henri IV quand il sent le vent tourner.

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En 1598, la paix revenue, il s’associe à des marchands lyonnais et parisiens mais il reste seul très peu de temps après et étale sa réussite. Il est anobli en 1604, devient chevalier 6 ans plus tard et obtient le titre de baron du Tiercent en 1613. On l’appelle alors Gilles de Ruellan, seigneur du Rocher Portail et du Tiercent. Il s’allie à la haute noblesse bretonne en y mariant ses filles : la dernière, Guyonne, épousera le duc de Brissac, lieutenant général du gouvernement de Bretagne. Quand à ses fils, ils réussiront eux aussi : l’un sera maître des requêtes et l’autre conseiller au parlement de Rennes.

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(Pour plus de détails sur ce parfait arriviste, on lira l’excellent livre de Joël Cornette : Histoire de la Bretagne et des Bretons aux pages 522 et 523 du Tome I).

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Ruellan se fit également construire deux autres demeures : Monthorin en Louvigné du Désert et la Balue près de Bazouges la Pérouse.

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Ce château est privé, on ne peut donc le contempler que de l’extérieur. On remarquera en particulier les hautes cheminées sur des toitures à la Mansard. L’aile nord, qui donne sur l’étang, est agrémentée d’une surprenante galerie ouverte (réminiscence tardive de l’architecture de la Renaissance). L’aile sud, quant à elle, évoque davantage le Moyen Age avec une entrée à pont levis qui relie la cour centrale aux communs du château.

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LE CHATEAU de SAINT BRICE.

Ce château qui jouxte le bourg est contemporain, du moins dans son état actuel, de celui du Rocher Portail. Il est lié au souvenir du marquis de la Rouerie qui participa à la guerre d’indépendance américaine sous le nom de colonel Armand. Il aurait rapporté de là-bas les tulipiers qui ornent encore le parc du château. Le marquis épousa une demoiselle de Saint Brice avec qui il vécut non loin de là au château de saint Ouen la Rouérie (construit vers 1730).

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Charles Armand Tuffin de la Rouerie deviendra surtout célèbre pour sa participation à l’Association Bretonne qui, en 1792, s’apprêtait à provoquer l’insurrection des campagnes bretonnes contre la Convention. La Rouerie fut bien prêt de réussir : début 1792, il disposait de plus de 6 000 fusils et s’appuyait sur un vaste réseau de contre-révolutionnaires. Il fut trahi par un ami, échappa à la guillotine mais mourut d’une fièvre maligne en 1793.

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Mais revenons au château de la Motte qui n’a que peu de chose à voir avec celui du Rocher Portail. Entouré d’étangs, il était autrefois fortifié comme en témoigne le reste de l’entrée où l’on devine la présence d’un pont levis reste d’un ancien château qui aurait déjà été en ruines en 1580.

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Détail intéressant : une balustrade élégante qui décore l’angle d’un pavillon et dont le dessin se retrouve autour du bassin de la cour intérieur.
Ici aussi, on ne peut visiter que l’extérieur.

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MARION du FAOUET

MARION du FAOUET

De Robin des Bois à Jessie James, chaque époque, chaque pays entretient le souvenir de son « brigand bien-aimé ». Tout le monde connait Louis Mandrin, roué vif à Valence (Drôme actuelle) en 1755 au moins grâce à « la Complainte de Mandrin ». Quelques années auparavant, Jean Dominique Cartouche, roué vif lui aussi (en 1721) mais à Paris, en place de Grève, avait fait le bonheur des gazettes où il était décrit comme le roi de Paris à un moment où le régent, Philippe d’Orléans, peinait à asseoir son autorité. En Bretagne, l’épisode de la conjuration de Pontcallec (décapité à Nantes en 1720) est là pour le rappeler.

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Trois ans avant l’exécution du gentilhomme breton, en 1717 donc, naissait à Porz en Haie, à quelques lieux du Faouët, Marie Louise Tromel qui prendra place au panthéon des brigands sympathiques, ceux qui détroussent les nantis pour aider les démunis. Elle restera dans l’histoire (bien mâtinée de légende, il faut le dire) sous le nom de Marion du Faouët.

Félicien Tromel, son père, est ouvrier agricole : il loue ses bras à la journée mais le travail est aléatoire et les salaires misérables (au mieux six sols par jour, plus souvent quatre). Marie Louise connait donc très tôt la pauvreté. Elle apprend à mendier, activité courante en Bretagne dans ce siècle dit « des Lumières ».

P. Matthey Mendiants
Détail de « Mendiants » de P. Mathey (1923)

En Bretagne, ce siècle porte mal son nom et c’est une période bien « sombre ». La province connait des crises importantes de mortalité. Les mauvaises récoltes enchainent disette et flambée des prix. La misère se répercute sur l’état physiologique des populations. Stéphane Perréon (« L’armée en Bretagne au XVIIIème siècle ») cite l’exemple de la région de Landerneau où 89 % des hommes qui tirent au sort pour entrer dans les milices sont déclarés inaptes parce que trop chétifs … En 1743, le curé de Campénéac, près de Ploërmel, parle de « pauvres … qui ressembloient à des spectres, à des gens venus de l’autre monde ».

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Marion telle que l’imagine Catherine Gorne-Achdjian
pour le roman de Yvonne Chauffin (LIV’EDITIONS 1997)

La petite Marie Louise Tromel arrive donc dans un monde où seuls, les moins faibles, à défaut des plus forts, survivent et il semble qu’elle prenne conscience très tôt de cette fatalité. Elle accompagne sa mère qui, entre deux maternités, parcourt les villages, les foires, les pardons pour essayer de placer quelques menus objets de mercerie : lacets, fils, aiguilles, … Marion se jure qu’elle ne connaîtra pas cette vie de misère et elle aide parfois le destin en volant aux étals (les tentations sont nombreuses) ou en délestant quelque bourgeois d’une bourse trop visible.

En 1735, elle rencontre Henry Pezron que l’on surnomme Hanvigen. Il deviendra le principal compagnon, l’amant préféré (elle n’est pas exclusive et bien d’autres partageront sa couche !). L’année suivante, elle accouche de son premier enfant et c’est dans ces temps-là que se constitue vraiment la bande de Marion que l’on appelle aussi Finefond (celle qui est fine et rusée).

En 1743, Henry Pezron est arrêté avec quelques complices et Marion se charge de le faire évader après quelques mois de prison. La bande reprend ses activités et se renforce, comptant jusqu’à 80 affidés. Le théâtre des opérations s’agrandit : on signale la troupe aussi bien à Quimper qu’à Vannes, parfois à Ploemeur et la région de Carhaix.

Mais la renommée de la troupe Finefond finit par inquiéter les autorités et la traque s’organise. Marion et Henry sont arrêtés avec deux autres complices dans la région de Ploerdut. En début d’année 1746, à Hennebont, les 4 brigands sont condamnés à être pendus. Ils obtiennent cependant la « grâce de l’appel » et sont transférés à Rennes où s’ouvre un second procès. Hanvigen prend à son compte toutes les activités de la bande et, pour lui, la sentence est confirmée (il sera pendu le 28 mars 1747). Ses deux comparses sont absous et Marion échappe elle aussi à la corde. Elle est malgré tout fouettée nue en place publique et marqué au fer rouge du « V » des voleurs. La liberté qu’on lui accorde alors est assortie d’une interdiction de séjour dans son pays du Faouët.

Bien entendu, elle y retourne sans tarder et retrouve une bonne partie de sa bande. Les affaires reprennent donc mais le coeur n’y est plus : après la disparition d’Henry, Marion n’est plus la même.

Pendant 7 ans, malgré tout, elle continue d’écumer la région sans être vraiment inquiétée. Mais en septembre 1747, son frère Joseph, au cours d’une rixe d’ivrognes, blesse à mort un bourgeois du Faouët, le sénéchal Guyet. C’en est fini du semblant de connivence qui existait entre les habitants et les « Finefond » : le sang a coulé. Même le clergé s’en mêle et Marion est désignée à la vindicte populaire lors des prêches du dimanche.

En juin 1748, à nouveau enceinte, elle est interpellée à Auray et accouche dans la nuit qui suit son arrestation. Les juges de Vannes sont cléments (et elle sait y faire …) : ils la relâchent aussitôt.

Suivent 4 années d’errance avant que Marion ne se retrouve derrière les barreaux à Carhaix dans un premier temps puis à Quimper d’où elle s’évade en sciant les barreaux de sa prison (10 septembre 1752).

Mais la justice ne la lâche plus et elle doit aller de cachette en cachette. C’est finalement à Nantes qu’elle est arrêtée pour délit de vagabondage puis reconnue par une personnes de Gourin. Elle est transférée à Quimper où elle sera jugée. Elle a beau nier tous les chefs d’accusation qu’on lui impute (pas moins d’une vingtaine … mais les autorités ne savent pas tout !), la sentence est prévisible et le 17 mai 1755, la Marion du Faouët est pendue en place publique.

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Les Pendus(Pisanello) détail

A propos de Lacordaire

A propos de Lacordaire

A la demande de plusieurs visiteurs, j’ai mis à la disposition du lecteur le texte intégral de la conférence de Lacordaire « Discours sur la loi de l’Histoire ».
Il suffit de cliquer à la fin du premier article concernant ce texte ou directement ci-dessous (« accès direct »).
Bonne lecture.

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