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Catégorie : Sites & Monuments

Bâtisses et Citadelles, maisons et autre curiosité architecturale…

Au fil de la Loire, on rencontre Anne de Bretagne

Au fil de la Loire, on rencontre Anne de Bretagne

Préambule à notre balade en Val de Loire, Amboise :

Le château Royal d’Amboise fut un lieu de séjour fréquent de Charles VIII et d’Anne de Bretagne. C’est ce souverain qui donna au château la configuration d’un véritable palais, dont une partie seulement a été conservée jusqu’à nos jours. source  : http://anne-de-bretagne.net/fr/les-chateauxpartenaires/chateau-royal-d-amboise

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Amboise

C’est en visitant les châteaux du Val de Loire, que tout en douceur, au fil de l’eau, ces grandes bâtisses vous replongent dans l’Histoire de France et de Bretagne. Nous avons remonté le fil de cette histoire, avec comme personnage récurrent, certes les rois de France, mais surtout leurs épouses et parmi elles, Anne de Bretagne.

Anne de Bretagne, née le 25 ou à Nantes et morte le (à 36 ans) à Blois, est duchesse de Bretagne et comtesse de Montfort (1488-1514) et d’Étampes (1512-1514) et, par ses mariages, archiduchesse d’Autriche, reine de Germanie (1490-1491), puis de France (1491-1498), puis de nouveau reine de France (1499-1514) et reine de Naples (1501-1503) et duchesse de Milan (1499-1500) et (1500-1512). source Wikipedia

Mais reprenons notre balade telle que nous l’avons faite en ce mois de mai 2016.

Première étape, le château des Dames : Chenonceau

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Chenonceau

Le château des Dames n’a que peu à voir avec Anne de Bretagne, mais comment parler du Val de Loire sans évoquer au moins par une visite et une image le château des Dames. Magnifique édifice à l’histoire très riche, mieux vaut le visiter de nos jours en dehors des périodes d’affluence, sinon c’est la foule et vous visitez les magnifiques intérieurs à la queue leu leu et ce n’est pas l’idéal…

Si Anne de Bretagne ne fait pas partie des résidentes prestigieuses de Chenonceau.

wikipedia : Chenonceau est construit, aménagé et transformé par des femmes très différentes de par leur tempérament. Il est édifié par Katherine Briçonnet en 1513, enrichi par Diane de Poitiers et agrandi sous Catherine de Médicis. Il devient un lieu de recueillement avec la reine blanche Louise de Lorraine, puis il est sauvegardé par Louise Dupin au cours de la Révolution française et enfin, métamorphosé par madame Pelouze. C’est ainsi qu’il est surnommé le château des Dames2, car « cette empreinte féminine est partout présente, le préservant des conflits et des guerres pour en faire depuis toujours un lieu de paix.

Elle y a cependant laissé une petite part de son empreinte, indirectement. Comme nous le raconte le site Passion Chateau, l’hermine bretonne figure en effet au coté de la salamandre de François Ier par son épouse Claude de France, fille d’Anne de Bretagne et de Louis XII

Seconde étape, le château dans la forêt : Chambord

Et donc François Ier et le magnifique Chambord, là non plus peu de lien avec Anne, mais ne pas visiter Chambord en Val de Loire, c’est comme visiter Paris et ignorer le Louvre ou la Tour Eiffel.

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En arrivant à Chambord
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Si nous étions Rois, nous arriverions par cette grande allée
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Au fil du canal de Chambord, ce dernier vous contemple

Tant de chose à dire de Chambord, mais rien en rapport avec Anne de Bretagne et pour cause c’est le château d’un Roi, François Ier a Chambord, Louis XIV aura Versailles. Même mégalomanie architecturale et tout ça pour n’y passer que 72 nuits au total.

Incontournable visite car l’architecture de ce bâtiment est grandiose dans les moindres détails et s’il parait un peu froid de caractère, ce château abrite tant de détails que le regard ne sait plus où s’arrêter.

Troisième étape : Blois, première rencontre avec Anne puisqu’elle fut l’épouse de Louis XII

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Bois Château Royal

Blois fut la dernière demeure d’Anne de Bretagne où elle résida avec son second époux royal : Louis XII jusqu’en 1514. C’est le couple qui contribua à modifier le château médiéval en château renaissance

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L’emblème de Louis XII
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Aile Louis XII

Les références à Anne et son époux Louis sont omniprésentes dans l’aile de leur époque

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Louis et Anne partout réunis à Blois

Le fameux escalier à vis ajout de François Ier

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Prémisse de l’escalier de Chambord ?

Quatrième étape : Langeais, seconde rencontre avec Anne et pour elle cette première étape en catimini pour devenir Reine de France. http://chateau-de-langeais.com/

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Anne est probablement arrivé de là
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Puis elle est entrée à Langeais
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Découvrant la cour du château en catimini
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Avant de contracter ce fameux mariage que l’Histoire a retenu

Et c’est donc à rebours que nous croisons Anne de Bretagne avant de retourner vers son duché natal, puisque avant Louis XII elle fut marié, mariage politique en catimini, avec un premier roi de france : Charles VIII. Mariage resté célèbre pour la Bretagne puisqu’il signe la fin de l’indépendance du duché de Bretagne…

Indépendante ou pas, c’est en quittant Langeais que nous avons repris le chemin de notre région préférée.

Guérande, la MEDIEVALE …

Guérande, la MEDIEVALE …

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Si l’on en croit Honoré de Balzac, « Guérande, magnifique joyau de féodalité, n’a d’autre raison d’exister que de ne pas avoir été démolie ». Mais l’auteur des Chouans écrit cela en 1834 et il est vrai qu’à cette période, Guérande vit repliée sur elle-même, touchée par le déclin de la production de sel et n’ayant pas su se plier aux grandes mutations industrielles. Il faudra attendre la fin de la Seconde Guerre Mondiale pour que la « Carcassonne Bretonne » se souvienne qu’elle a encore quelques atouts en main.

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CHATEAUX EN COGLES

CHATEAUX EN COGLES

Il en est des monuments comme des humains : certains, modestes, ont du mal à s’épanouir à l’ombre des plus grands. C’est le cas pour un certains nombre de châteaux du Coglès qui souffrent de la présence de deux encombrants voisins : le château de Fougères, impressionnante forteresse médiévale avec ses 13 tours et ses 3 enceintes et plus au Nord, le Mont Saint Michel qu’il est inutile de présenter.

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Le Coglès, cette marche entre Bretagne et Normandie, est un pays de granit qui peut paraître monotone à moins de se plonger dans ses chemins de bocage (même si le remembrement y a fait, là aussi, ses dégâts …) à la recherche d’un habitat traditionnel des mieux conservé.

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Nous aborderons ce pays par la commune de Saint Brice en Cogles qui abritent deux joyaux de l’architecture nobiliaire du XVIIème siècle : le Rocher Portail et le château de Saint Brice (dit aussi château de la Motte).


LE ROCHER PORTAIL.

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Cette demeure splendide, une des plus grandes d’Ille et Vilaine, a été construite à l’emplacement d’un ancien château dit Rocher Sénéchal.
Il fût construit à la demande de Gilles Ruellan, un obscur voiturier né à Antrain : il ne possédait au départ que deux chevaux et se livrait au transport des toiles à voile vers Saint Malo. Ruellan, qui ne sait ni lire ni écrire, est un homme avisé et il réussit à acheter une sous-ferme des impôts et billots (taxe sur l’alcool). Au moment des guerres de religion, il se fait trafiquant d’armes pour le compte du Duc de Mercoeur mais se rapproche d’Henri IV quand il sent le vent tourner.

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En 1598, la paix revenue, il s’associe à des marchands lyonnais et parisiens mais il reste seul très peu de temps après et étale sa réussite. Il est anobli en 1604, devient chevalier 6 ans plus tard et obtient le titre de baron du Tiercent en 1613. On l’appelle alors Gilles de Ruellan, seigneur du Rocher Portail et du Tiercent. Il s’allie à la haute noblesse bretonne en y mariant ses filles : la dernière, Guyonne, épousera le duc de Brissac, lieutenant général du gouvernement de Bretagne. Quand à ses fils, ils réussiront eux aussi : l’un sera maître des requêtes et l’autre conseiller au parlement de Rennes.

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(Pour plus de détails sur ce parfait arriviste, on lira l’excellent livre de Joël Cornette : Histoire de la Bretagne et des Bretons aux pages 522 et 523 du Tome I).

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Ruellan se fit également construire deux autres demeures : Monthorin en Louvigné du Désert et la Balue près de Bazouges la Pérouse.

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Ce château est privé, on ne peut donc le contempler que de l’extérieur. On remarquera en particulier les hautes cheminées sur des toitures à la Mansard. L’aile nord, qui donne sur l’étang, est agrémentée d’une surprenante galerie ouverte (réminiscence tardive de l’architecture de la Renaissance). L’aile sud, quant à elle, évoque davantage le Moyen Age avec une entrée à pont levis qui relie la cour centrale aux communs du château.

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LE CHATEAU de SAINT BRICE.

Ce château qui jouxte le bourg est contemporain, du moins dans son état actuel, de celui du Rocher Portail. Il est lié au souvenir du marquis de la Rouerie qui participa à la guerre d’indépendance américaine sous le nom de colonel Armand. Il aurait rapporté de là-bas les tulipiers qui ornent encore le parc du château. Le marquis épousa une demoiselle de Saint Brice avec qui il vécut non loin de là au château de saint Ouen la Rouérie (construit vers 1730).

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Charles Armand Tuffin de la Rouerie deviendra surtout célèbre pour sa participation à l’Association Bretonne qui, en 1792, s’apprêtait à provoquer l’insurrection des campagnes bretonnes contre la Convention. La Rouerie fut bien prêt de réussir : début 1792, il disposait de plus de 6 000 fusils et s’appuyait sur un vaste réseau de contre-révolutionnaires. Il fut trahi par un ami, échappa à la guillotine mais mourut d’une fièvre maligne en 1793.

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Mais revenons au château de la Motte qui n’a que peu de chose à voir avec celui du Rocher Portail. Entouré d’étangs, il était autrefois fortifié comme en témoigne le reste de l’entrée où l’on devine la présence d’un pont levis reste d’un ancien château qui aurait déjà été en ruines en 1580.

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Détail intéressant : une balustrade élégante qui décore l’angle d’un pavillon et dont le dessin se retrouve autour du bassin de la cour intérieur.
Ici aussi, on ne peut visiter que l’extérieur.

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Abbaye de Bon-Repos

Abbaye de Bon-Repos

Une abbaye cistercienne au coeur de la bretagne

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Eté 2002, début des vacances et passage par le « célèbre » lac de Guerlédan, puis sur la route « buissonnière » du Finistère non-loin du lac, petite halte improvisée au Liscuis pour profiter du paysage et de ses allées couvertes. Là, de loin dans la vallée, nous tend les bras un cours d’eau et non loin un batiment imposant surgit au milieu des arbres.

Curiosité aidant ajoutée à l’envie de flâner, nous découvrons un splendide batiment : l’abbaye cistercienne de Bon-Repos !

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L’histoire veut que Alain III de Rohan, vicomte de son état, s’endormit après une journée éprouvante de chasse au sein de la forêt de Quénécan, si fatigué qu’il en fit de jolis rêves puisque la vierge Marie lui apparut en songe. Notre vicomte inspiré s’empresse de marquer ce lieu et d’y construire une abbaye, qui ma foi, fût l’une des plus imposantes connues et hébergea dès sa conception achevée une douzaine de moines de Savigny venus tout exprès de la Manche, et tout cela en l’an de grâce 1184.

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En tout cas, une chose est certaine, on prend plaisir à faire une halte à « Bon-Repos »…

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Voir en ligne : le site des compagnons de Bon-Repos

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Chateau de Kergroadès

Chateau de Kergroadès

Lors de mes pérégrinations estivales en Bretagne, j’ai découvert ce manoir (ou château ?) au fin fond des terres du Finistère bien dissimulé dans la campagne de ce département dont on ne connait trop souvent que les côtes. J’espère que ces quelques photos vous donneront envie de visiter les abers (zone nord du Finistère) non pas seulement sur sa magnifique côte maritime mais aussi à l’intérieur des terres…

Cette demeure de granit, construite au début du 17 ème siècle par François III de Kergroadès, écuyer d’Henri IV, a l’allure d’une forteresse moyen-âgeuse mâtinée d’influence renaissance. Sa cour d’honneur, fermée par une galerie crénelée, est entourée par un sévère corps de logis flanqué de deux tours rondes.
(source guide vert Michelin)

Les photos :

petit bug concernant les photos, en cours de résolution

Extrait du site de la commune de Brélès

Entre Lanrivoiré et Brélès, mais situé dans cette commune, s’élève le château de Kergroadès, construit de 1602 à 1613 par François de Kergroadès, seigneur du dit lieu, Du Bois, de Kerver, de Kerangomar, chevalier de Saint-Michel, d’une famille très ancienne dont le blason était « fascé de six pièces d’argent et de sable », et de la devise « en bon espoir ». Kergroadès est un grand édifice carré, flanqué de tours à meurtrières aux quatre angles.

L’une d’elle est surmontée d’une coupole, l’autre est couronnée par une plate-forme revêtue d’un parapet à [?mâchicoulis]. A l’entrée, mur de protection surmonté d’une terrasse supportée par des arcades, dans lequel s’ouvrent deux portes, cavalière et piétonne, encadrées l’une et l’autre de pilastres d’ordre ionique. On lit sur la corniche un verset de l’ecclésiaste « Si non in timore di tenveriste instanter cito subvertatur domus tua » : « Si tu ne te maintiens pas constamment dans la crainte du Seigneur, ta maison sera anéantie ».

On aperçoit, de la cour d’honneur le manoir, demeure imposante, imitée de Kerjean. La façade est percée de nombreuses et larges fenêtres à croix de pierres et surmontée de croisées de mansardes richement sculptées.

A gauche, belles écuries voûtées sur lesquelles s’élèvent un édifice à deux étages et mansardées.

A droite sont les dépendances, prolongées sur l’extérieur par la chapelle.

Les Kergroadès furent alliés aux plus illustres familles de la région : Kerlech, Kerouartz, Le Nobletz, etc. S’ils n’ont pas joué un grand rôle dans l’histoire, ils étaient d’une bonté proverbiale et aimés de tout le voisinage.

Aussi, lorsque l’un deux, François Corentin, vers le milieu du VXIIème siècle, se trouva dans une situation pécuniaire difficile, Cambry rapporte que les fermiers lui fournirent 100.000 pour le paiement de ses dettes, gérèrent ses terres pendant 40 ans, et firent présent à son épouse de huit beaux chevaux de carrosse afin que Madame puisse venir à la paroisse d’une manière convenable.

Kergroadès passa par mariage à la famille de Kerouartz, puis de Houchin, Marie de Houchin épousa le marquis de Roquelaure qui fut décapité à Paris le 25 Juillet 1794.

En 1860, les héritiers vendirent la terre à M. Le Jeune, notaire à Saint-Renan, de qui elle passa par héritage à la famille Chevillotte qui le restaura au début du siècle.

Castel Ardéchois

Castel Ardéchois

Des Châteaux en Ardèche …

Les hasards de la vie (ou le destin) ont fait que nous sommes, pour le moment, installés face à l’Ardèche avec la seule vallée du Rhône pour nous séparer de ce bout de montagne à la réputation austère et inhospitalière. Ce département regroupe l’ancien Vivarais, petit pays annexé à la couronne de France en 1305 : il était jusqu’alors terre du Saint Empire Romain Germanique (mais où es-tu donc, France éternelle de Clovis ?). Sa capitale (avant 1789) était Viviers qui ne garde aujourd’hui que le pouvoir spirituel avec le siège de l’évêque, le pouvoir temporel étant désormais à Privas où trône le préfet.

Pour qui survole rapidement les offres dispensées par les maisons de tourisme et autres syndicats d’initiative, l’Ardèche se résume bien souvent au Vivarais du sud : le site de Pont d’Arc est dans toutes les mémoires (il a meublé bon nombre de livres de géographie au chapitre « érosion »), et les gorges de la rivière passent pour être « un des plus beau canyon de France ». Là, on parle de la Cévenne Ardéchoise et d’un espace rural « dévitalisé » : il est vrai qu’autant ces paysages offrent au visiteur estival une image idyllique, autant on imagine les difficultés à y vivre les longues soirées d’hiver (« Qui voit Cévenne, voit ses peines … »).

Il existe une Ardèche moins connue : celle du Nord, on dit aussi l’Ardèche verte, que nous pouvons voir chaque jour (au moins, en partie !) depuis la fenêtre de notre salon.
La vallée du Rhône qui sépare Drôme et Ardèche, est un espace ou l’activité humaine déborde, c’est le moins qu’on puisse dire. Les principales villes ardéchoises qui bordent cette vallée voient donc leur économie tournée vers le fleuve. Mais il existe aussi des chemins de traverse qui nous permettent des surprises agréables dès lors qu’on s’éloigne du fleuve pour aller vers le plateau.

Laissez-nous vous en proposer quelques-unes.

Il y a d’abord ces deux petites vallées qui font oublier qu’à quelques kilomètres de là, les usines Rhodia et quelques autres empuantissent la vallée du Rhône:

La vallée de la Gance

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La vallée de l’Ay

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En descendant, au sud de Tournon, le château de Crussol, formidable forteresse qui domine la petite ville de Valence (là même où fut roué vif, Mandrin, « le bandit bien aimé » un 26 mai 1755) est sans doute le plus connu des châteaux ardéchois.

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Les ruines occupent le sommet d’un piton de roches calcaires (la « Montagne de Crussol » est longue de 3 kilomètres qui culmine à 400 mètres. Une pente abrupte de 250 mètres assure à la forteresse une protection naturelle impressionnante.
La construction du château débute au XIIème siècle, sous le règne d’un seigneur nommé Gérald Bastet mais le nom de Crussol (Cruciolo dans sa forme latine) est mentionné dès le Xème siècle dans le cartulaire de l’Abbaye de Saint Chaffre.

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L’ensemble des ruines regroupe, sur 3 hectares, le village (la Villette), gros d’une centaine de maisons à l’abri derrière un premier rempart et le château lui-même. Propriété de la famille d’Uzès, la demeure seigneuriale cessera d’être habitée au XVIème siècle ( vers 1565, on lui préfèrera alors le château d’Uzès, plus confortable). Au moment des Guerres de Religion, le site retrouve son utilité militaire : investi par les Protestants en 1573 (les Crussol-Uzès font partie des grandes familles nobles converties très tôt au calvinisme), il sera consolidé et les fortifications réaménagées. Rappelons qu’à ce moment, la vallée du Rhône et le Dauphiné sont sous la coupe du Baron des Adrets, que d’aucun considèrent, même dans son propre camp, celui des Calvinistes, comme un véritable prédateur. Dès 1562, Jacques de Crussol avait conquis bon nombre de villes du Languedoc pour le compte des Protestants. Les Catholiques reprendront cependant le site de Crussol et il sera finalement rasé au XVIIème siècle.

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Mais laissons Crussol à sa hautaine splendeur et redescendons les rives du Rhône. A 15 km environ, la rivière Eyrieu rejoint le seigneur des fleuves (à Beauchastel, plus exactement). La vallée de l’Eyrieu nous conduit vers les hauteurs du Haut Vivarais. Nous la laisserons à Saint Laurent du Pape pour emprunter une petite route sinueuse (pléonasme en Ardèche ?), à flanc de montagne, qui va nous conduire à Pierregourde. A Crussol, les ruines sont quelque peu aménagées … à Pierregourde, par contre, c’est la désolation à l’état pur (c’est aussi ce qui fait le charme du site …) et le spectacle vaut le détour.

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« Du haut d’un sommet élevé, le château de Pierregourde semble menacer encore la vallée. Le souvenir de ce fameux chef de brigand plane encore sur les rives de l’Eyrieu ; quand on va du Pape ou de la Voulte à Vernoux, on peut passer sur les ruines même du castel jadis si redouté. Je ne sais quel aspect de désolation règne sur le mamelon dont il occupe la cime : de ses créneaux brisés, de ses bastions écroulés, gisant ça et là sur le sol, la vue s’allonge sur la vallée de l’Eyrieu et de là s’élance par dessus le bassin du Rhône jusque sur les plaines du Dauphiné » (Albert du Boys in Album du Vivarais).

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Le visiteur pressé qui a absolument besoin de poser sa voiture au pied du château aura tout manqué. Par contre, celui qui accepte de monter à pied les quelques deux kilomètres de chemin empierré qui conduisent vers les ruines ne regrettera pas la promenade : il découvrira, de chaque côté, les sommets sauvages du Vivarais et, s’il fait beau, les premiers contreforts du Vercors et les petites vallées qui convergent vers celle de l’Eyrieu.

De loin, le château semble être poussé de la montagne : il fait corps avec le piton qui culmine à 600 mètres. Vu de loin, il apparaît donc comme un ensemble compact mais à mesure que l’on s’approche, on prend conscience de l’importance du site : outre le corps de logis et quelques restes de tours, le visiteur découvre en effet un ensemble de constructions qui s’échelonne autour du château sur des genres de terrasses.

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Il est fait mention de Pierregourde dans un registre de 1217 (un terrier) qui énumère les rentes dues au seigneur du lieu. Celui-ci percevait une partie de ses rentes en cire d’abeille. Plus tard, en 1325, nous retrouvons trace dans un autre document de Hugon IV, seigneur de Pierregourde et fils de Giraud du même nom.

Mais le personnage qui a le plus marqué ce château est sans doute François de Barjac (le fameux chef de brigand dont parle Monsieur du Boys), une des personnalités locales du parti huguenot, mort au combat de Mesignac, le 31 octobre 1568. Les légendes, en Ardèche, le présente souvent comme un chef de bande sans foi ni loi. Cette réputation est nuancée par le même Albert du Boys dans son Histoire du Languedoc (tome V).: « François de Barjac, sire de Pierregourde, qui fut dans son temps le capitaine le plus renommé des Protestants du Vivarais, est arrivé à la postérité avec deux figures dont les traits ne sont nullement semblables : il y a en lui l’homme de l’histoire et l’homme de la tradition. L’homme de l’histoire est un général actif, plein de ressources et d’intrépidité dans le péril. Du reste ni plus ni moins sanguinaire que les autres chefs des deux partis. L’homme de la tradition réveille au contraire, chez les villageois de la vallée de l’Eyrieu, l’idée d’une espèce de brigand semblable au capitaine de routiers du Moyen-Age. Suivant l’histoire, Pierregourde, proclamé, après la Saint Barthélemy, commandant du Vivarais pour les religionnaires, n’aurait point obéi au fanatisme révolutionnaire qui l’aurait élevé à ce poste important. La preuve en est que, de concert avec M. de Cugières, il aurait fait faire aux Vivarais des deux partis, catholiques et protestants, une sorte de confédération d’après laquelle ils se seraient garantis une paix mutuelle et se seraient même engagés à se secourir réciproquement s’ils étaient attaqués les uns et les autres. Par suite de ce traité, l’agriculture put revivre et le commerce refleurir. »

Mise à part cette référence aux périodes troublées des guerres de religion, il existe peu de documents sur Pierregourde : il faudrait sans doute que le site soit fouillé (mais il est propriété privée !) pour en savoir plus…

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Pour conclure, sur ces châteaux d’Ardèche, je voudrais citer un texte de Paul Perrève (in La Burle. Ed. J.C. Lattès. Paris 1981). L’auteur, ancien médecin de campagne, y décrit la rudesse du pays d’Ardèche battu par les vents (la burle, dans la langage du Vivarais, est « ce vent vif et glacé qui balaie les hautes terres », un vent qui, quand il entraîne la neige, fait qu’on ne sait plus où est la route et où est le précipice …). Ce texte illustre bien le sentiment qui saisit le visiteur quand il découvre les sommets de Pierregourde.

« Il m’est devenu clair, l’évidence même, que l’homme est un accident par ces terres hostiles, inhospitalières. Oh ! Un petit accident de rien du tout, atterri là par hasard, qui s’obstine à y subsister, entortillé dans sa solitude, agrippé à sa misère, mais qui tôt ou tard disparaîtra comme il est venu, vaincu, sans laisser de traces. La burle, patiente, aura le dernier mot. Déjà la forêt mange ça et là bien des cultures, envahit tant de hameaux où l’homme a disparu à jamais … Rude, la montagne du Haut Vivarais n’en est que plus belle, car puisant sa beauté au tragique, une beauté que la sueur des hommes a nourrie, goutte à goutte, que sa détresse a rendue plus glorieusement hautaine, plus souverainement insolente. Une terre qui n’en finit pas de vous chasser et de vous retenir, de vous retenir pour mieux vous chasser, avec cruauté, chuchotant à l’oreille de qui sait l’entendre son terrible message, que la vie et la mort ne sont que des illusions d’homme. »

Les amateurs de châteaux médiévaux pourront retrouver la présentation de ces deux monuments sur http://www.casteland.com . Ce site vous permet de visiter un nombre impressionnant de forteresses médiévales à travers tout l’hexagone.

Saint-Aubin du Cormier (35)

Saint-Aubin du Cormier (35)

Saint Aubin du Cormier est un de ces sites qui entrent très tôt dans l’histoire du duché de Bretagne et qui accompagnent toute l’évolution politique et économique de la région.

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La ligne de crête qui domine un vaste paysage près de la forêt de Rennes où Pierre de Dreux aimait chasser lui donna l’envie d’édifier une forteresse : les travaux commencent donc en 1255.

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Outre l’intérêt sentimental, le choix du site répond à d’autres impératifs :

– situé à quelques lieues des Marches de Bretagne, il est un passage obligé pour les Français qui montrent fréquemment des velléités d’invasion.

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– Il permet également la surveillance du château de Vitré (le baron André III est le beau-frère de Pierre de Dreux mais ils sont tous deux en froid pour une affaire d’héritage). Fougères n’est pas loin non plus et mérite attention même si le duc est en droit d’espérer que le jeune Raoul lui restera fidèle. D’une manière plus générale, Pierre de Dreux pratique une politique de construction militaire intense pour se positionner en pouvoir central face aux grands féodaux armoricains qui se montrent souvent turbulents.

– Enfin, Saint Aubin est au centre d’une région agricole riche dont il convient de poursuivre le défrichement commencé il y a un siècle. Il faut alors assurer aux paysans et aux bourgeois que l’on attire ici une protection suffisante pour que l’endroit reste attractif. La bourgade sera aussi et pour les mêmes raisons dotée de nombreux privilèges (exonération des redevances seigneuriales en particulier).

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Quelques précisions sur le promoteur de ce château : Pierre de Dreux, « bailliste » du duché de 1213 à 1237 (il meurt à son retour de croisade en 1250) fut surnommé par la suite Pierre Mauclerc. Ce nom signifierait ou bien « clerc qui a mal tourné » (il aurait étudié, dans sa jeunesse prime, pour embrasser une carrière ecclésiastique) ou bien « celui qui est contre les clercs » (par allusion à ses heurts fréquents avec le clergé breton et à une politique souvent anticléricale). Venu d’Ile de France (il est fils de Robert II de Dreux, l’un des principaux vassaux du comte de Champagne). Il est un étranger pour les Bretons et ne sera donc pas officiellement duc mais « bailliste » du duché, titre qu’il obtient par son mariage avec Alix, héritière de la famille ducale. En 1213, le roi de France, Philippe Auguste, fidèle à sa politique de centralisation hexagonale, a véritablement en main les destinées de l’Armorique et exige de Pierre de Dreux l’hommage lige (c’est le lien plus étroit et le plus contraignant de la vassalité). Mauclerc doit s’exécuter et il restera fidèle à son serment jusqu’en … 1224 !

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En dépit de ce lien de vassalité et dès son accession au trône, l’ambition du « bailliste » (son fils, Jean Ier le Roux, oeuvrera dans le même sens) sera de faire de la Bretagne un véritable état : réalité économique dotée d’une organisation administrative élaborée et soutenue par un puissance militaire significative.

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Dès 1232, le château de Saint Aubin du Cormier prouvera son utilité. Les troupes du roi de France, Louis IX (que certains appellent Saint Louis) l’assiègent mais sans succès. Rappelons que, 3 ans plus tôt, Pierre Mauclerc, soucieux de s’affranchir de la « protection » de son voisin français, a fait hommage du duché au roi d’Angleterre Henri III.

En 1234, malgré tout, Pierre Mauclerc doit céder devant la force (l’alliance anglaise ne lui apporte pas l’aide militaire souhaitée) : il rejoint la mouvance française et le château de Saint Aubin est remis en gage aux troupes de Louis IX. A la majorité de son fils Jean (1237), Pierre abandonne, comme promis, toute activité politique et s’engage dans l’expédition de Louis IX en Egypte. Joinville en parle alors comme d’un chevalier assagi et digne d’éloges en tous points.

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Le château et la bourgade de Saint Aubin vont ensuite profiter de quelques décennies de paix qui vont permettre un développement économique important dans tout le duché.

Vers 1430, sous le règne du duc Jean V de Montfort, la bourgade est « emmuraillée » et le château est remanié. Le désir de paix du duc et sa prudence politique ne l’empêche pas de se garder à ses frontières. La Bretagne vit en effet une période de sécurité et de prospérité relative près d’une France à feu et à sang mais, dans les zones frontalières, les incursions incessantes de routiers de tous bords obligent à la vigilance.

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Trente ans plus tard, la situation est beaucoup moins calme : sous Louis XI, les ducs de Bretagne participent aux dernières grandes révoltes féodales. Ainsi, en 1465, François II adhère à la ligue du Bien Public et 10 000 soldats bretons sont engagés contre les Français. Les années passent en escarmouches qui ne donnent pas vraiment l’avantage à l’un ou l’autre camp.

En 1487, la guerre ouverte avec la France devient inévitable. Plusieurs barons bretons, partisans du rattachement à la France et regroupés derrière le maréchal de Rieux, reconnaissent les droits de Charles VIII à succéder au duc (qui n’a pas d’héritier mâle). Pour parfaire la trahison, ils obtiennent l’aide de 6 000 soldats soldés par le roi de France. L’armée française est en réalité forte de 15 000 hommes répartis en trois corps et pourvu d’une artillerie d’excellente qualité. Cette armée échoue malgré tout devant Nantes (juin à août 1487) et le maréchal de Rieux (fin capitaine de guerre) se rallie alors au duc redonnant ainsi un peu d’espoir aux Bretons.

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Mais le 19 juillet 1488, les troupes françaises de la Trémoille enlèvent, gràce à leur artillerie, le château de Fougères malgré la résistance de ses 3 000 défenseurs. Le château de Saint Aubin du Cormier ainsi que Vitré sont aux mains des Français depuis l’automne 1487. Le 28 juillet, à quelque pas de la bourgade, dans les landes d’Usel qui bordent l’étang d’Ouée, les 15 000 Français tombent sur les 11 000 soldats bretons (il y a avec eux des archers anglais) que Rieux a rassemblé à la hâte. L’engagement ne dure que 4 heures mais c’est un véritable carnage : 6 000 bretons restent sur le terrain alors que les Français ne déplorent que 1 500 victimes. Les vainqueurs ne font pas de prisonniers : tous les combattants qui portent la croix noire (signe distinctif de l’armée bretonne hérité des croisades) sont exécutés.

Le duc François II, vaincu et moralement abattu, est contraint à la reddition et la paix est signée le 20 Août 1488. Le vieux duc ne survivra pas à l’humiliation : il meurt en septembre.

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A titre de gage, le roi de France conserve plusieurs villes fortifiées : Saint Malo, Fougères, Dinan et Saint Aubin du Cormier qu’il gardera si « le duc mariait les dites dames (= ses filles dont Anne) sans son consentement », comme il est stipulé dans le traité du Verger.
Les troupes d’occupation y sont toujours en 1490 et le château sera démembré avant leur départ.

En 1491, la fille de François II, Anne de Bretagne, devient reine de France en épousant Charles VIII, le vainqueur de Saint Aubin du Cormier.

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Les ruines aujourd’hui :

La forteresse comprenait un ensemble de 10 tours dont un formidable donjon et formait un quadrilatère de 100 mètres sur 30. Il ne reste que la moitié nord du donjon et les bases des autres tours. On retrouve également quelques lambeaux du corps de logis et du mur de la chapelle. L’enceinte extérieure, intégrée maintenant dans les constructions du bourg, garde la trace de trois grosses tours en demi-lune et du rempart sud qui domine l’étang.

Entrée libre et gratuite.
(attention à certaines ruines qui semblent défier les lois de l’équilibre).

Office du tourisme du Pays de Fougères

2, rue Nationale
35300 Fougères
02.99.94.12.20
www.ot-fougeres.fr

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Chateaugiron

Chateaugiron

Historique du site

Les monuments anciens, ces  » vieilles pierres  » que nous voulons témoins des siècles passés, sont en même temps un obstacle à la connaissance d’un autrefois plus vaste, qui tend à disparaître derrière les vestiges qui nous arrêtent aujourd’hui. Ainsi le château qui se dresse sur le bord de l’Yaigne à Châteaugiron est muet sur les siècles de vie qui l’ont précédé et s’il nous impose aujourd’hui un peu du respect que l’on a pour le grand âge, il peut nous faire oublier qu’il n’est finalement qu’à mi-chemin entre notre époque et celle de la naissance d’une vocation militaire qu’il symbolise aujourd’hui.

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La chronique historique nous dit qu’au XIe siècle le nom de Châteaugiron (ou Chatel Gironis) entre dans l’histoire du Duché de Bretagne, mais il est probable que l’occupation militaire du site est plus ancienne. Certains archéologues affirment en effet, que dès le VIe siècle, les Comtes de Rennes firent aménager un site fortifié dont quelques vestiges furent mis à jour, au hasard des travaux de voirie, dans la rue du Porche (il s’agissait des restes d’une enceinte). Nous retrouvons trace d’une autre construction vers la fin du Xe siècle, dans les soubassements d’une tour transformée par la suite en colombier et située dans l’angle nord-est des jardins (elle a aujourd’hui totalement disparue).

Mais, tous ces éléments sont aujourd’hui invérifiables et si l’on s’en tient uniquement aux preuves écrites, c’est seulement au XIe siècle que l’occupation du site est certifiée. Il est en effet question à cette époque du  » Castro Ansquetilli « , le château d’Ansquetil et plus tard du Castro Gironis, filio Ansquetilli « , le château de Giron, fils d’Ansquetil – On sait d’autre part qu’Ansquetil meurt en 1039 et laisse ses titres à son fils Giron qui fonde par ailleurs le prieuré Sainte-Croix (en 1060).

Châteaugiron dans l’histoire

Le château entre alors dans l’histoire du Duché et sera le témoin des guerres ou plus simplement des escarmouches livrées par les comtes de Rennes et plus tard par les ducs de Bretagne. Deux épisodes plus importants méritent d’être signalés : en 1058, le château est pris par Foulques d’Anjou, mais reconquis aussitôt par le duc Conan. Le 24 juin, les troupes du duc de Mercoeur entrent dans la forteresse et illustrent leur victoire d’un épisode sanglant : le commandant et toute la garnison sont pendus à un chêne de la contre-escarpe. Nous conservons d’ailleurs de cette période mouvementée le témoignage de messire Duval, qui a laissé un  » mémoire de ce qui s’est faict en la pauvre ville de Châteaugiron dès le commencement de cette guerre civile « . Ce maître d’école nous décrit les  » rencontres, alarmes, brûlements, ruines de maisons, dépopulation d’arbres  » qui furent le fait des deux camps. Car, si  » Monseigneur de Mercoeur  » eut le dernier mot, à Châteaugiron du moins, ses ennemis ne s’en laissèrent pas conter en fait de pillages et de destructions.

La famille de Châteaugiron est intimement liée à la vie politique du duché de Bretagne : à la bataille de la Roche Derrien (mai 1347) un de ses fils figure au nombre des morts. En 1364, Patrice de Châteaugiron se bat aux côtés du duc lors de la bataille d’Auray qui voit la victoire de Jean de Montfort sur Charles de Blois. La signature de son fils, Hervé, figure sur un traité passé entre le duc Jean V (1399 – 1442) et Charles VI, roi de France. Les barons de Châteaugiron ont d’autre part le privilège de porter le trône de l’évêque, nouvellement intronisé, à travers les rues de Rennes. Leur devise d’armes  » Pensez-y ce que vous voudrez  » montre bien cet esprit d’indépendance qui les pousse à isoler leur demeure au milieu d’une ceinture de pierre telle qu’aucun siège, ni aucun combat n’en viendra ébranler les assises.

L’importance politique de la baronnie de Châteaugiron est donc certaine, mais son rôle militaire peut paraître aujourd’hui modeste à côté d’ensemble tels que Vitré ou Fougères. Pour bien comprendre la raison d’être du château il faut imaginer, où s’élève aujourd’hui un ensemble de constructions hétérogènes, une véritable forteresse constituant pour une armée un refuge sûr et la possibilité de soutenir des sièges très importants. Un certain Robidou, qui s’intéressa autrefois au château affirme que  » les contours du côté de la ville sont généralement des habitations construites avec les débris de la forteresse.  » Plus encore, il faut inclure la place forte de Châteaugiron dans tout un système défensif comprenant Fougères, Saint-Aubin du Cormier, Vitré, le Grand Fougeray et les villes fortes de Rennes et de la Guerche de Bretagne. Dans son conflit perpétuel avec le roi de France, le duc de Bretagne a toujours voulu retrancher son pays derrière une barrière de châteaux-forts. Ainsi à Châteaugiron, les périodes de construction correspondent à une recrudescence du danger d’annexion par le roi de France : Au XIVe siècle, autour de la guerre de Succession, sous les règnes de Jean V et de François II, ce dernier tentant désespérément de reconstituer le royaume breton. L’invasion de la Bretagne par les troupes françaises et le traité d’annexion de 1532 ôtent au château son rôle de barrière, il restera le siège d’une baronnie puissante à son échelon mais sans aucune importance militaire.

Un ensemble architectural hétérogène

Une vision lointaine du château donne au visiteur l’impression d’aborder un site typiquement médiéval : les grosses tours à mâchicoulis et l’aspect trapu de l’ensemble cachent en effet une architecture plus complexe qui s’est profondément modifiée au cours des âges. Tout ceci apparaîtra plus nettement si l’on aborde l’édifice par son entrée principale. On traverse alors ce qui fut la première cour (appelée aussi cours de Vendée) et plus tard les jardins. Nous laissons sur la gauche les écuries modernes et le pont de pierre qui franchit les douves nous amène dans la cour d’armes. Le visiteur découvre alors les différents éléments du château : à sa gauche, la tour de l’horloge et la chapelle, devant lui le corps de logis accoté, sur son autre face, à la tour de guet. A droite l’aile du corps de logis, la tour du Cardinal et le donjon.

La chapelle

De tout cet ensemble, la partie du château qui passe pour la plus ancienne est la chapelle. Mentionnée dans les textes dès 1184, c’est un édifice rudimentaire composé d’une nef unique et d’une abside romane. La construction en petit appareil, les fenêtres très étroites et les contreforts plats montant sans ressauts jusqu’à la corniche sont typiques du XIIe siècle. Transformée au XVIIIe siècle en église paroissiale et devenue aujourd’hui salle de spectacle, ce petit édifice très dépouillé dont l’intérêt architectural est moindre, témoignage par son austérité du peu d’importance que l’on accorde alors à tout ce qui n’a pas d’utilité militaire immédiate. Plus encore, la chapelle peut être considérée comme un élément de la fortification : la façade sud, pratiquement aveugle, en fait une sorte d’écran entre la ville et la cour du château.

Le donjon et la tour de l’horloge

Passée la première cour, l’assaillant éventuel se heurte à une première ligne de défense constituée par deux grosses tours isolées de chaque côté du pont : le donjon et la tour de l’horloge. Formidable construction haute de 38 mètres et large de 15 mètres au niveau de la cour, le donjon témoigne à lui seul de l’importance militaire du site. Totalement isolé du reste du château, il a été conçu comme un dernier réduit donnant même à ses occupants la possibilité de se défendre contre une attaque venant des autres parties de la forteresse. Pratiquement imprenable sur ses faces extérieures, le donjon est protégé sur le coté cour par la herse et l’assommoir de l’entrée, par les mâchicoulis du hourd et l’ensemble des petites fenêtres (les grandes baies vitrées ont été percées tardivement).

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La tour de l’horloge au contraire est un élément à part entière de la forteresse et son utilité ne se conçoit qu’en fonction des autres parties de la fortification. Moins élevée que le donjon, elle a cependant les mêmes caractéristiques : grand appareil, rangée de meurtrières biaises correspondant à un escalier à vis aménagé dans l’épaisseur du mur, ouvertures rectangulaires surmontées d’un arc de décharge. La partie supérieure a été refaite au XVIIIe siècle pour servir de clocher à la chapelle et il faut imaginer une disposition primitive semblable à celle du donjon (avec existence de hourds). L’intérieur offre une disposition typique : grandes pièces circulaires avec cheminées, bancs de pierre ménagés dans l’embrasement des fenêtres, latrines percées dans l’épaisseur du mur.

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Tous les éléments architecturaux du donjon et de la tour de l’horloge (grand appareil, absence de chemin de ronde en pierre, herse, assommoir, archères biaises) désignent le XIVe siècle comme date probable de construction et placent ainsi Châteaugiron au cœur des grands courants architecturaux de la Bretagne médiévale. La guerre de succession entre Jean de Montfort et Charles de Blois provoque en effet un renouveau général de la construction militaire bretonne. Châteaugiron est une place forte qui retient l’attention des deux concurrents et la proximité de Rennes lui donne une importance accrue. Les alentours de la capitale sont en effet le théâtre d’un certain nombre de combats dont les sièges de Rennes en 1342 par le parti de Blois et en 1356 par le duc de Lancastre soutenant les Montfort.

La tour du Cardinal et la tour de guet

Dans l’état où nous le voyons aujourd’hui, le château est également défendu sur sa face nord par la tour dite du Cardinal. Moins haute que le donjon, cette troisième tour a aussi un aspect totalement différent : son fut, rigoureusement droit , se termine par un chemin de ronde en pierre sur des mâchicoulis à trois ressauts. Elle est flanquée à l’ouest d’une tourelle d’escalier polygonale qui était jusqu’à une date récente recouverte d’une toiture en pierre – l’intérieur n’offre rien de particulier. La disposition intérieure n’appelle aucune remarque particulière : l’escalier à vis débouche sur de petites salles circulaires sans grand confort.

Une quatrième tour, située sur la face ouest du château et communément appelée tour du guet, dominait autrefois la basse cour transformée aujourd’hui en jardin. Cette dernière tour qui présente dans son plan une forme très accentuée de fer à cheval, est peu différente de la tour du Cardinal et possède également ce chemin de ronde à créneaux sur mâchicoulis à triple ressauts. A l’intérieur, une petite salle basse, restaurée récemment et pourvue d’une belle cheminée, illustre bien la rudesse de ces constructions qui n’excluent pas cependant une certaine coquetterie.

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De par leurs proportions, les tours sont dans une telle forteresse les éléments qui retiennent d’abord notre attention, mais il existe par ailleurs d’autres vestiges de la construction médiévale qui nous aideront à imaginer ce que fut le château des barons de Châteaugiron. Partant vers l’ouest de la tour du Cardinal, une muraille couronnée aujourd’hui d’une terrasse, marque l’emplacement de la courtine qui reliait autrefois les divers éléments de défenses. Au nord de la tour de guet, un mur en gros moellons intercalés de plaques de schiste, complète la ceinture de muraille qui isole le logis du Seigneur.

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Ces deux tours, tour du Cardinal et tour de guet, ainsi que ces restes de courtine dénotent l’architecture militaire du XVe siècle, les mâchicoulis à triple ressauts sont à cet égard un trait dominant mais le chemin de ronde en pierre muni de créneaux peut également nous aider dans notre reconstitution. Historiquement, cette deuxième campagne de construction correspond comme la première à un renouveau de l’architecture militaire bretonne. Les ducs Jean V (1399-1442) et François II (1458-1488) obligent les seigneurs à entretenir les lieux fortifiés, espérant ainsi résister plus longtemps aux volontés du roi de France. Parallèlement en France, on oublie les châteaux fortifiés : les progrès de l’artillerie changent en effet totalement le visage de la guerre, l’époque semble révolue où le château-fort servait à fixer une armée et au XVe siècle, une guerre de mouvement se substitue à ces combats sans fin dont l’issue est aléatoire. Cette politique de Jean V et de François II sera d’ailleurs inutile puisque toutes les fortifications remises en état n’empêcheront pas l’annexion de la Bretagne : on se défend contre un agresseur venu du dehors, alors qu’au sein même du duché une partie de la classe noble lutte pour que  » Dieu veuille unir Bretagne et France « .

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Les reconstructions

La situation politique nouvelle issue du traité de 1532, va ôter au château de Châteaugiron son rôle de défenseur de frontières. Si les guerres de la ligue, et l’épisode de Mercoeur amènent à nouveau la guerre sur les bords de l’Yaigne, les murs du château n’auront plus après cela à subir l’assaut des armées. Les barons de Châteaugiron continueront cependant à vivre derrière leurs murailles et au XVIIIe siècle, ils reconstruisent dans le goût du jour les bâtiments qu’ils occupent. La cour d’armes se heurte désormais à un grand bâtiment classique dont les lignes simples s’intègrent aisément à l’austérité de la forteresse. L’intérieur de ce corps de logis n’a malheureusement plus l’éclat qu’il dut avoir à l’origine : des occupations modernes inadaptées à ce genre d’architecture ont réduit à sa plus simple expression le décor classique de cette construction. Les occupants actuels (1974) tentent cependant d’allier au maximum les impératifs techniques qu’exigent leur profession et le respect de ces vieux murs qui les abritent aujourd’hui. L’escalier monumental qui dessert le premier étage est un des rares éléments à avoir conservé son aspect originel mais son délabrement actuel permet difficilement d’imaginer ce que fut la vie des descendants d’Ansquetil. Un petit pavillon, situé dans l’angle nord-est du château et actuellement en cours de restauration mérité d’être mentionné. S’il est un jour ouvert au public, le visiteur pourra atteindre la galerie de bois qui le couronne et admirer de là le vaste paysage qui s’offrait déjà aux yeux du guetteur du Moyen Age.

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Les ruines d’un passé

Ce qui reste aujourd’hui de la forteresse médiévale nous a donc permis de placer le château de Châteaugiron aux grands moments de la Renaissance des forteresses bretonnes. En l’absence de documents figurés donnant une description du château avant la reconstruction du XVIIIe siècle, nous sommes contraints de n’émettre que des hypothèses sur une idée d’ensemble de la forteresse. Il semble cependant qu’en règle générale les nouveaux bâtiments se soient greffés sur les anciens : le corps de logis s’appuie sur les murs qui soutenaient autrefois les courtines et le pavillon nord-est a pris vraisemblablement la place d’une tour d’angle. L’enceinte qui se développait entre le château et la ville est plus difficile à imaginer : si les restes découverts dans la rue du Porche se trouvaient vérifiés, l’importance de la forteresse serait sans nul doute accrue et Châteaugiron pourrait alors être comparé aux grands ensembles tels Vitré et Fougères qui gardaient les frontières de Bretagne.

Les jeux de l’histoire et le poids du temps ont enlevé au château une grande partie de sa splendeur et il reste muet aujourd’hui sur la vie qu’il a enfermé pendant tant de siècles. Deux anecdotes sont cependant parvenue jusqu’à nous :  » le saut du poissonnier  » était un des privilèges des barons de Châteaugiron. Il leur permettait d’obliger à sauter dans les douves, au lendemain de Pâques, les poissonniers qui avaient profité du carême pour accroître leurs bénéfices. On raconte aussi que ces braves commerçants payaient des jeunes gens plus hardis pour goûter à leur place les plaisirs de la baignade. Une seconde coutume ordonnait au vassal qui avait pris femme dans l’année, de venir sur le pont pour chanter au Seigneur la  » Chanson de la Bergère  » et lui offrir une ceinture de laine de cinq couleurs différentes et longue de cinq aulnes. Autant de coutumes aimables qui contrastent agréablement avec les scènes de guerre et de pillage dont fut si souvent témoin le château.

Gérard Boulé. Janvier 1974

Depuis 1974, les choses ont évolué : le laboratoire qui occupait alors le château a laissé la place aux services municipaux et les efforts de restauration se sont poursuivis. L’aspect de l’ensemble s’est donc fortement amélioré et la forteresse participe, de par son cadre exceptionnel, à la vie culturelle de la petite ville de Châteaugiron.

Le Camp des Rouets

Le Camp des Rouets

Site oublié, comme le sont beaucoup de choses en cette Bretagne Centrale, le Camp des Rouets à MOHON le fût pendant des années, voire des siècles. Cet assemblage de buttes et de fossés a été longtemps considéré comme un voisin gênant par les agriculteurs du voisinage et le remembrement des terres agricoles (commencé à la fin des années 60) aurait pu mettre bon ordre à cet état de fait. La curiosité d’un ancien recteur de Mohon et l’opiniâtreté d’un artisan d’art installé sur la commune allaient en décider autrement : le site sera classé (1975), acquis par le Conseil Général, étudié et sommairement aménagé pour les visites.

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